Délégationdu Val-de-Marne

La famine s’étend en Somalie, Caritas s’active

Une sixième région de Somalie vient d’être déclarée en état de famine par le Centre d’analyse pour la sécurité alimentaire de l’Onu (FSNAU). Les conséquences de la sécheresse qui sévit depuis deux ans dans la Corne de l’Afrique (Somalie, Kenya, Ethiopie) continuent de s’aggraver.

publié en avril 2012

« Au total, quatre millions de personnes sont en situation de crise en Somalie, dont 750 000 qui risquent la mort dans les prochains mois en l’absence d’une réponse adéquate », prévient le FSNAU. « Des dizaines de milliers de personnes sont déjà mortes, dont plus de la moitié étaient des enfants », rappelle le centre d’analyse.

La réponse internationale à la crise alimentaire est insuffisante. 1,4 milliard de dollars sur les 2,4 milliards demandés par l’ONU manquent encore à l’appel. De plus, l’aide internationale est entravée, en Somalie, par la guerre civile.

Le conflit qui dure depuis vingt ans a détruit nombre d’infrastructures et rend toujours très difficile l’accès au sud et au centre du pays. La région de Bay, qui vient d’être déclarée en situation de famine, est d’ailleurs contrôlée par les milices islamistes Shebab.

Caritas à l’épicentre de la crise en Somalie

Les partenaires locaux d’une Caritas européenne, Trocaire sont sur le terrain dans le centre et le sud du pays, épicentre de la crise alimentaire et lieu d’affrontement du gouvernement de transition soutenu par les occidentaux et des rebelles Shebab proches d’Al-Quaïda. Les secours à la population y sont rendus très difficiles compte tenu de la diversité des interlocuteurs et en l’absence d’une réelle autorité somalienne.

Mille enfants en cours de sauvetage

Le Secours Catholique-Caritas France a déjà apporté une première aide de 225 000 € à son partenaire en Somalie. Un programme de santé et de nutrition est en cours auprès de mille enfants. Au total, le nombre d’enfants malnutrits est passé en un mois (juillet à août), de 390 000 à 450 000, relève la cellule de crise du 29 août au Secours Catholique. Parmi ces enfants, 190 000, souffrent de malnutrition aigüe sévère, précisent les professionnels de l’urgence internationale.

Aliments thérapeutiques, eau et semences pour le Kenya

Au Kenya voisin, la crise alimentaire est aggravée par l’afflux de près de 500 000 déplacés de la famine somaliens. Le pays a été déclaré par le gouvernement kenyan en situation de “catastrophe nationale” il y a déjà trois mois.

Le Secours Catholique participe à hauteur de 305 000 € à l’appel d’urgence de Caritas Internationalis, qui porte sur un total de plus de 3,9 millions d’euros. Il s’agit aussi bien de distribuer en urgence du riz, du maïs, des haricots, de l’huile, des aliments thérapeutiques, que de prévoir l’avenir à moyen et long terme : semences, reconstitution de cheptels (chèvres, chameaux), fourniture de foin.

Des réservoirs d’eau de 10 000 litres sont mis en place dans 5 diocèses, des puits profonds sont forés, d’autres sont réparés, des barrages de sable et des cuvettes de rétention d’eau sont construits.

182 000 personnes vulnérables secourues

Au total, le programme touche 182 000 personnes parmi les plus vulnérables dans 14 diocèses du Kenya : enfants de moins de cinq ans, femmes enceintes ou allaitantes, malades, personnes âgées, femmes chefs de famille, personnes souffrant d’un handicap.

Le programme a débuté le 1er août. Il couvre une période de huit mois, jusqu’au 31 mars 2012. Il répond à l’appel de Caritas Kenya, appuyée par les autres membres de Caritas présents dans le pays. Face aux crises récurrentes, Caritas Kenya a l’expérience de la conduite de programmes d’urgence et de sécurité alimentaire.

Vies sauvées et résilience en Éthiopie

Déjà présent depuis plusieurs années en Éthiopie à travers ses programmes de santé, de nutrition, d’accès à l’eau et d’assainissement, le Secours Catholique-Caritas France devrait participer à hauteur de 230 000 € à l’appel d’urgence de 1 500 000 € de Caritas Internationalis. L’objectif est de sauver des vies et d’"augmenter la capacité de résilience" de 65 000 bénéficiaires dans 5 diocèses.

Quatre camions-citernes de 10 000 litres vont ainsi être déployés pendant un mois dans 16 villages qui seront équipés de réservoirs. Environ 12 000 personnes vont pouvoir recevoir 5 litres d’eau par jour. Ailleurs, des sources vont être aménagées avec la participation des communautés dans les zones asséchées. Des comités "Eau et hygiène" veilleront à la bonne utilisation de ces points d’eau.

Par ailleurs, petits barrages, micro-bassins, canaux d’irrigation sont prévus. Des routes rurales seront aussi aménagées pour faciliter l’accès aux points d’eau éloignés.

D’importantes distributions alimentaires sont également prévues, dont une partie de compléments alimentaires et biscuits énergétiques. Concernant la "résilience", des sources de revenus sont rétablies grâce à la fourniture de bétail, d’abeilles et de ruches. Cela dans la perspective d’une moindre dépendance de l’aide alimentaire à l’issue d’une prochaine saison des pluies que l’on craint peu abondante.

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