Délégationdu Val-de-Marne

Cuisine collective

« Ça mijote » à Villejuif

Michèle, bénévole participant à l’atelier de cuisine collective à Villejuif, témoigne.

«Ça mijote»

publié en novembre 2017

« On les appelle les “mijoteuses”. Ce sont des demandeuses d’asile logées dans un hôtel de Villejuif, sans cuisine. Les familles disposent uniquement d’un frigo et d’un micro-ondes. Alors cuisiner à l’atelier “Ça mijote” c’est très important.

Alors qu’elles sont confinées avec leur famille dans une petite chambre, le jour de cuisine leur donne un autre espace, leur permet de retrouver une activité fondamentale : réunir toute la famille autour d’un repas chaud et souvent d’une spécialité du pays. On sent que la cuisine est une composante importante de l’identité. Les enfants s’habituent assez vite aux pizzas les jours “sans mijote” mais les adultes beaucoup moins bien.

Chaque séance de “Ça mijote” est un petit miracle : les trois mijoteuses arrivent avec deux énormes sacs de produits à préparer, déploient pendant moins de trois heures une activité débordante et repartent (souvent dans notre voiture) avec les deux sacs aussi lourds mais contenant des plats cuisinés pour deux, trois jours.

Il faut déployer beaucoup d’énergie pour faire les interminables queues aux Restos du cœur, faire les trajets jusqu’à la cuisine et s’activer en temps limité autour des casseroles. Les fours ne sont jamais assez grands et les feux jamais assez nombreux. Souvent, les mijoteuses arrivent avec les légumes épluchés, les préparations déjà prêtes.

Le matériel est quelquefois défaillant, il arrive que les plombs sautent, les bénévoles se désolent mais les mijoteuses gardent leur calme devant l’adversité et les plats à moitié cuits. Une séance à “Ça mijote” permet de bien relativiser et de confronter notre confort et leur précarité.

L’hiver, le local est glacial au démarrage, mais quand le temps est beau nous profitons de la belle pelouse et des deux cerisiers devant la cuisine. Alors souvent, les petits enfants trop jeunes pour être scolarisés viennent avec leur mère pour jouer dans l’herbe. »

Pour poursuivre ce témoignage, ouvrez le lien ci-dessous :

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