Délégationdu Val-de-Marne

25es Journées nationales prison

Du 19 au 25 novembre 2018 se dérouleront les 25es Journées nationales prison. Elles visent à sensibiliser le grand public aux thématiques carcérales.

Journées nationales prison, 2018.

publié en novembre 2018

Cette année le thème des Journées nationales prison est : « Prison : peines de corps ».

Pour réfléchir autour de la thématique de ces Journées 2018, quelques chiffres oubliés :

Combien de personnes sont en prison ?

En France, une personne sur mille est en prison. Au 1er septembre 2018, il y avait 70 164 personnes détenues pour 81 336 personnes écrouées (qui, en plus des personnes détenues comprennent celles qui font l’objet d’une mesure de placement sous surveillance électronique, ou bracelets électroniques, et certains aménagements de peines comme les placements à l’extérieur).

Qui est en prison ?

La population carcérale est très masculine : les 3 140 femmes détenues au 1er septembre 2018 représentaient 3,9 % de la population carcérale.

Les mineurs représentent 1,2 % de la population carcérale. On compte 811 mineurs détenus au 1er septembre 2018, en sachant qu’on ne peut pas être incarcéré avant ses 13 ans en France). Environ une personne détenue sur cinq est de nationalité étrangère (12 591 personnes au 1er janvier 2015).

Si la population carcérale est encore plutôt jeune (les moins de 30 ans constituent environ 45 % des personnes sous écrou), elle vieillit néanmoins : on comptait 3 021 personnes détenues de plus de 60 ans au 1er janvier 2015, un nombre multiplié par six en vingt-cinq ans.

Malgré l’âge moyen relativement jeune des personnes détenues, la mort est un phénomène omniprésent en détention : environ 240 personnes y meurent chaque année, dont 110 par suicide, soit environ 7 fois plus de suicides qu’à l’extérieur, selon l’Institut national d’études démographiques (Ined). Parmi ces décès, il y a régulièrement des condamnés à perpétuité : contrairement à une idée répandue, la perpétuité réelle existe bel et bien en France.

Les problèmes de santé sont importants : on a environ 5 fois plus souvent le VIH en prison qu’à l’extérieur et 10 fois plus souvent la tuberculose. La santé mentale est également un problème massif : on estime qu’une personne détenue sur quatre souffre de troubles psychotiques et un tiers à la moitié ont un traitement médicamenteux.

Par ailleurs, la part des prévenus est en augmentation : on comptait 20 302 personnes en détention provisoire au 1er septembre 2018, près d’un détenu sur trois était prévenu.

La population carcérale est en général peu diplômée : 1,6 % n’a jamais été scolarisée, 4,8 % ne parle pas français, et 22 % échoue au test de lecture. Près d’une personne détenue sur deux n’a aucun diplôme.

En prison, seule une personne détenue sur quatre a la possibilité de travailler, et la grande pauvreté est un phénomène prégnant.

Pour combien de temps ?

Les durées de détention s’allongent globalement, mais l’appauvrissement des statistiques de la justice ne permettent plus de connaître la durée moyenne de détention. La durée moyenne sous écrou était de 10,4 mois en 2014.

Dans combien de places ?

Au 1er janvier 2017, il y avait en France 186 prisons (maisons d’arrêt, centres de détention, maisons centrales et établissements pénitentiaires pour mineurs).

Au 1er septembre 2018, il y avait 59 875 places opérationnelles, mais 4 038 étaient inoccupées (réparations, manque de personnel, délais dans les transferts, établissement accueillant un certain type de personnes détenues, etc.). La moitié de la population carcérale est incarcérée dans des prisons dont la gestion est en partie déléguée à une entreprise privée.

Quelle surpopulation ?

Il y a une très forte inflation carcérale depuis quarante ans, cause de la surpopulation des prisons : au 1er septembre 2018, il y avait 14 327 détenus en surnombre (soit 24 pour 100 places), surtout en maison d’arrêt ; 1 353 personnes détenues ne disposaient même pas d’un lit : elles dormaient sur un matelas posé au sol, dans une cellule surpeuplée.

Et les familles ?

On oublie souvent que les personnes détenues ont généralement des proches au dehors, également touchés par la prison. La dernière étude évaluant le nombre de personnes touchées par l’incarcération d’un proche a plus de quinze ans : en rapportant les résultats de cette étude de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) à la population carcérale actuelle, on peut estimer qu’il y a plus de 400 000 personnes concernées par l’incarcération d’un proche, dont plus de 90 000 enfants.

Dans la délégation du Secours Catholique de Val-de-Marne

Plus d’une dizaine de bénévoles sont investis dans la thématique « Prison - Justice » au sein de notre délégation.

Ils s’occupent de différentes activités à la maison d’arrêt de Fresnes comme les vestiaires pour hommes et pour femmes mais aussi un atelier artistique de contes.

Certains bénévoles sont aussi écrivains publics.

Quelques équipes locales du Secours Catholique de Val-de-Marne accueillent aussi des jeunes en mesure de réparation pénale ou bien des personnes en travail d’intérêt général.

Anne-Christelle, animatrice

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